Histoire et Culture Vulgaire

Des siècles de culture, d’érudition et de romance ont durablement influencé la culture du Tribunal. Des spectres de la tradition romaine qui hantent toujours la région aux étranges pratiques païennes des Âges Sombres , les échos du passé résonnent toujours dans le tumulte du présent.

Les Provinces Romaines

Le Tribunal de Provence était autrefois habité par des tribus celtes, avec lesquelles les colons grecs qui ont fondé Marseilles commerçaient. L’arrivée des Romains en 125 AC provoqua la division de la région en deux provinces : la Novempopulanie, au nord-ouest et la Narbonnaise, au sud-est. Toulouse était la capitale des Volques, un peuple celtique qui pratiquait le sacrifice d’objets précieux en les jetant dans le lac sur les rives duquel leur cité avait été fondée. En 106 AC, le gouverneur romain draina le lac pour en voler les trésors, ce qui outragea la population locale et déclencha une révolte. Les Toulousains reçurent l’aide d’une peuplade germanique, les Cimbres, et parvinrent finalement à défaire les Romains en 105 AC, à la bataille d’Orange. Les Romains revinrent en force quelques années plus tard et pacifièrent la région, mais ils ne retrouvèrent jamais le trésor perdu…
En 419 de notre ère, les Romains abandonnèrent la région pour se replier vers leur capitale et la défendre contre les incursions barbares. Les Wisigoths déferlèrent alors sur la région et l’incorporèrent à leur royaume. La cité d’Arles leur résista pendant des décennies, avant de capituler finalement en 472, submergée par les envahisseurs. Jusqu’à ce jour, les reliques de l’époque romaine continue de parsemer le paysage, entremêlées avec les monuments érigés par les Fées ou les Géants.

L’Avènement de la Chrétienté

La Parole du Christ fut apportée dans la région par les tous premiers disciples de Jésus. Marie-Madeleine et la Vierge débarquèrent en personne à Saintes-Maries-de-la-Mer, accompagnées de Lazare – que le Christ avait relevé d’entre les morts et qui devint le premier évêque de Marseilles. La zone demeura toutefois loyale à la religion romaine jusqu’au martyre de saint Saturnin, évêque de Toulouse, qui inspira de nombreuses nouvelles conversions. Après sa mort, le pouvoir du Culte de Mercure sur la cité s’estompa et Toulouse devint un centre florissant du Christiannisme.

Le Royaume Gothique de Septimania

Tandis que le pouvoir romain déclinait, les Wisigoths colonisaient la région. Disciples de l’Arianisme, ils servaient les légions en tant que foederati (alliés, auxiliaires). En remerciement de leur service militaire, ils reçurent des droits sur les terres qu’ils défendaient. En 475, ils renoncèrent à leurs droits sur la Narbonnaise à l’est du Rhône en échange de la reconnaissance par l’empire de leur totale indépendance. Un royaume Wisigoth fut créé, nommé Septimania en l’honneur de ses sept cités, dont Toulouse devint la capitale.
En 507, les Francs menés par le grand roi Clovis vainquirent les Wisigoths, amorçant le déclin de leur royaume, qui demeura jusqu’en 720, son pouvoir désormais recentré autour de Barcelone. Les Wisigoths s’étaient convertis au christianisme dans les alentours du sixième siècle ; néanmoins la persistance de la culture païenne était forte et la dévotion au Culte de Mercure ne s’éteint totalement que plus tard. Ce sont ces reliques païennes et les secrets des flamenses, les anciens prêtres romains, que recherchaient Apromor et Priamitus lorsqu’ils s’établirent dans la région et c’est leur héritage qui a servi de base à la renaissance du Culte Hermétique de Mercure tel qu’il est encore pratiqué à l’alliance d’Aedes Mercurii.

La Conquête Franque

A l’aube du septième siècle, les Francs, un peuple nordique, avait largement repoussé les Wisigoths. La dynastie mérovingienne souffrait d’incessants troubles internes : usurpations, assassinats, etc. et un âge sombre d’anarchie et de famine s’abattit sur la région. Dans le royaume d’Arles, les nombreuses anciennes cités romaines furent abandonnées et sombèrent dans la ruine et l’oubli. Seule Marseilles prospéra. Les rébellions étaient fréquentes et les seigneurs de Toulouse recherchaient l’autonomie : ils adoptèrent finalement le titre de Duc et devinrent, de fait, complètement indépendants du trône franc.
En 719, les Maures prirent Narbonne et marchèrent sur Toulouse. Le roi des Francs n’offrit aucune aide et pourtant, en 721, le Duc Odon, seigneur de Toulouse et de Gascogne, brisa l’avancée maure. Cela donna la possibilité à Charles Martel et à ses vassaux francs de se préparer et d’obtenir leur célèbre victoire en 732, à Tours, et de mettre un terme à la progression des Maures en Europe.
Les Francs conquirent les restes de la Septimania en 759 et leur pouvoir embrasse désormais la région toute entière. Néanmoins, les ducs francs du sud ont soif de souveraineté : ils se rebellent fréquemment et, en réponse, subissent les raids dévastateurs, les pillages et les sacs de leurs suzerains du Nord.

Pillards !
Au milieu du IXe siècle, les Vikings établissent des camps tout au long de la côte ouest de la France. Les Francs subissent de nombreuses défaites, infligées par les hommes du Nord et leur allié, le roi Pépin II d’Aquitaine, qui cherche à obtenir son indépendance du roi franc Charles le Chauve.
Les mages du Tribunal évitent d’abord le conflit avant que les rumeurs concernant d’étranges chamans runiques ne les poussent à agir contre les magiciens du Nord. Les Vikings ne sont néanmoins pas l’unique menace qui sévit à cette époque : Marseilles est saccagée par des pirates arabes en 838, par des corsaires byzantins en 849 et plus tard encore par des Normands qui lancent des raids depuis des camps établis en Camargue.
La Gascogne compte en ce temps là de nombreuses alliances Diedne, mais leur isolationnisme et leur manque d’investissement dans ces conflits endémiques et dans la défense du Tribunal provoquent un fort ressentiment au sein de la Maison Flambeau, avec les résultats que l’on connaît.

Les Comtes de Toulouse
A partir du XIe siècle, les Comtes de Toulouse sont, de fait, indépendants du roi des Francs, très éloigné. Leur fortune varie au cours du temps, mais elle atteint son zénith sous le règne de Raimond IV, comte de Saint-Gilles et Marquis d’Arles (1093 – 1105). Cette période voit l’avènement de la littérature occitane et de la culture courtoise des Troubadours qui rendront la région célèbre.
Les comtes de Toulouse guerroient constamment et conspirent en permanence contre leurs grands rivaux que sont les comtes de Foix, dans les Pyrénées, et les Trencavel de Carcassonne et Béziers. Ils se querellent fréquemment avec les évêques de Toulouse, qui partage avec eux le pouvoir judiciaire sur la cité. D’une manière générale, les comtes recherchent le soutien populaire et dispensent généreusement privilèges et exemptions des devoirs féodaux. Résultat, Toulouse compte littéralement des centaines de chevaliers, chacun détenant son propre château sur son petit bout de terre et affrontant ses voisins au cours d’interminables vendettas, allant parfois jusqu’à s’immiscer dans les affaires politiques et les conflits entre Toulouse, les Trencavel et le roi d’Aragon.

Les Troubadours
Les troubadours sont originaires de la Gascogne et de l’Aquitaine, mais vont propager leur culture en Provence et, plus tard, jusqu’en Italie et en Espagne. Les premiers d’entre eux proviennent généralement de la noblesse, mais on en trouve plus tard qui viennent de tous les milieux.
Les Troubadours composent des chansons d’amour, mais aussi des chants politiques. Les chansons d’amour exprime l’amour courtois, tradition dans laquelle un noble chevalier déclare son amour pour la femme d’un autre – normalement d’un rang plus élevé – et tente d’obtenir son attention. Elle le rejette d’abord, puis lui accorde finalement ses faveurs, suivant les règles bien établies de la fin amor. Habituellement, ce type de récit vante plutôt une romance chaste et de nature spirituelle, mais on en trouve aussi qui évoque l’amour charnel. Dans tous les cas, l’idéal proposé reste plutôt du domaine de l’amour pur que d’une vulgaire séries de relations adultérines.
Les Troubadours voyagent à travers le pays, non pas pour vendre leurs services en tant que simples divertissements, mais pour rechercher le mécénat d’un grand seigneur et résider quelques temps à sa cour. Les Troubadours sont plus rares en Gascogne et à Toulouse pendant la croisade, car on soupçonne facilement ces artistes itinérants d’être des espions ou des sympathisants cathares.
La culture de l’amour courtois rencontre souvent l’opposition de l’Église, des maris jaloux et de ceux qui croient simplement qu’elle encourage l’immoralité. De nombreux Troubadours courent donc le risque de se créer des ennemis, et il n’est pas rare qu’ils en payent le prix. Durant la croisade des Albigeois, un bon nombre se sont fait tuer ou ont été contraint à l’exil.
Tous les musiciens itinérants ne sont cependant pas des troubadours : beaucoup sont de simples ménestrels qui se contentent de chanter la poésie et de jouer les œuvres composées par les premiers. Les femmes troubadours existent aussi, on les appelle trobairitz, en occitan.

Histoire et Culture Vulgaire

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